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Compte-rendu : Profession: Animal de laboratoire, Audrey Jougla (Autrement, 2015)

Militante de la protection animale, Audrey Jougla a été journaliste avant de reprendre des études de philosophie pour les besoins desquelles (où plutôt grâce auxquelles) elle a pu enquêter en laboratoires, notamment celui d’un grand hôpital parisien. Dans cet ouvrage, elle raconte son enquête tout en proposant un état des lieux de la recherche : nombre d’animaux utilisés, recherches effectuées, méthodes employées, cadre légal actuel.

Si elle critique le recours aux animaux, et l’insensibilité des animaliers et chercheurs, elle cherche également à en expliquer les causes, propose des solutions (méthodes alternatives). De même, elle étudie les lieux communs vis-à-vis de la recherche scientifique, qui dispose d’une aura et d’une autorité que personne ne remet en question dans notre société technocratique.

Citant Donna J. Haraway, elle explique que « les scientifiques restent juge et partie sur la question de l’utilité réelle de l’expérimentation animale, et ceux qui s’opposent à cette répartition des rôles sont des profanes irresponsables et ignorants, des militants terroristes et des scientifiques disqualifiés ». Audrey Jougla évoque Le « Point limite » en expérimentation animale, document du CNRS répertoriant les principes directeurs permettant de reconnaître les seuils de douleur (physiologique, psychique, physique) afin de mettre fin aux expériences et procéder à une euthanasie si nécessaire. Elle souligne que « le chercheur est seul à décider, in fine, le moment où l’animal les atteint ».

L’autrice invente le concept de « l’argument des enfants cancereux » qui justifie moralement l’expérimentation animale au nom de l’intérêt du bien commun. Dans Introduction à l’étude de la méthode expérimentale en 1865, Claude Bernard, fondateur de la discipline, résume ainsi son objet : « Il est essentiellement moral de faire sur un animal des expériences, quoique douloureuses et dangereuses pour lui, dès qu’elles peuvent être utiles pour l’homme » (Note: il y écrit aussi : « Il est bien certain que pour les questions d’application immédiate à la pratique médicale, les expériences faites sur l’homme sont toujours les plus concluantes »).

Les enfants, « victimes innocentes » sont selon A. Jougla « au centre de l’argumentation justifiant l’expérimentation animale : sacrifier des animaux pour sauver des vies. » Comment les défenseurs des animaux « osent-il choisir l’animal plutôt que l’humain ? ». Selon la chercheuse, l’argument émotionnel n’a pas de légitimité « dans un domaine où tout est régi par un cadre légal ou scientifique. » On ne peut véritablement décider de choisir entre des vies et justifier « l’injustice subie par les enfants malades [en confisquant] la vie à ces autres victimes innocentes que sont les animaux. » En vérité, seuls 2 ou 3% de la recherche dans son ensemble est consacrée aux cancers selon un rapport de la Commission Européenne.

Ce réflexe de repli sur les enjeux de la santé humaine ne serait pas si fort si les laboratoires avaient des murs transparents. De quelles connaissances réelles dispose le public, la recherche se faisant à couvert des regards, dans des lieux interdits au public. Quels sont ses enjeux financiers ? À qui profite-t-elle ? La recherche « devrait-elle profiter au plus grand nombre ou aux plus vulnérables ? ». Un animalier évoque avec elle les enjeux financiers de la recherche : bien qu’il soit immoral d’étudier une pathologie plutôt qu’une autre, la réalité est qu’il y a plus de laboratoires travaillant sur la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson (des pathologies qui n’affectent qu’un pour-cent de la population mondiale, et une population âgée qui plus est) que sur la malaria, qui affecte 600 millions de personnes supplémentaires chaque année.

« Quelle est notre fin ? Vers quoi tendons-nous toute notre vie ? Et comment finissons-nous ? Jusqu’à quel âge voulons-nous vivre ? Dans quel état ? » Apportant autant de réponses qu’elle pose de questions, Audrey Jougla n’invite pas seulement à la lecture de son ouvrage mais à mener une réflexion personnelle. C’est peut-être tout ce qui fait la force de ce livre : si elle ne peut nous rapporter des images de ces lieux, elle nous conduit dans ses questionnements éthiques.

Elle rappelle que la clé de la légitimité de l’expérimentation animale, ce qui doit donc être scrupuleusement analysé, c’est le taux de réussite, soit le taux de médicaments bénéficiant d’une autorisation de mise sur le marché après des essais sur les animaux et des essais cliniques sur les hommes. Antidote Europe note que « sur 100 composés nouveaux qui semblent prometteurs au laboratoire, un seul arrivera aux essais cliniques. Et sur 10 composés qui subissent les premiers essais cliniques, un seul passera avec succès tous les tests et obtiendra son autorisation de mise sur le marché », soit un taux de succès de 0,1% seulement.

Une étude menée par les laboratoires Pfizer a abouti à la conclusion que « pour savoir quelles substances sont carcinogènes, il vaudrait mieux jouer à pile ou face plutôt que de compter sur l’expérimentation animale. Seulement 5 à 25 % des substances nocives pour l’être humain ont aussi des effets négatifs sur les animaux des laboratoires. Jouer à pile ou face donne de meilleurs résultats ». L’association One-Voice note elle que « de nombreux médicaments, considérés sans danger sur la base d’expérimentations pratiquées sur les animaux, ont eu des effets nocifs et même mortels chez l’être humain. Ils sont la preuve qu’il n’est pas possible de transposer avec fiabilité les résultats des expériences sur les animaux à l’être humain. Lipobay®, Vioxx®, Trasylol®, Acomplia® et TGN1412 ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Rien qu’en Allemagne, on estime que pas moins de 58 000 décès sont le résultat des effets secondaires des médicaments. » Des 60 000 médicaments présents sur le marché allemand, l’OMS n’en estime que 325 indispensables.

Photo par chuttersnap via Unsplash

L’expérimentation animale part selon elle du principe qu’il existe « un “autre” dont l’existence a suffisamment moins de valeur que la nôtre pour être mise en péril à notre profil ». Elle soutient sa démonstration en s’appuyant sur les marginalisés, « des esclaves, des prisonniers, des prostituées, des déficients mentaux, des handicapés, des déportés sous le régime nazi ». Une synthèse du cours de la faculté de médecine de Strasbourg sur l’éthique en expérimentation médicale précise que « le choix des sujets de l’expérience est intimement lié aux formes de domination existant dans la société ».

L’oppression des plus désavantagés, des  plus vulnérables, n’est cependant pas gratuite : on profite « de celui que l’on juge suffisamment semblable à nous en terme de physiologie pour expérimenter sur lui, mais suffisamment différent et inférieur pour justifier qu’il soit reléguer au rang de matériel médical ». « Finalement, note l’autrice, nous n’avons pas beaucoup évolué depuis la définition de l’expérimentation médicale que donnait Furetière dans son dictionnaire en 1690 : “On expérimente les remèdes sur des personnes de peu d’importance.” »

Par égo, l’homme nie tout intériorité à l’animal, toute conscience car « si le corps humain est si proche de celui de l’animal au point qu’ils soient interchangeables, que reste-t-il à l’homme ?” ». Il est interdit en Europe depuis 1986 de mener des expériences sur les grands singes (chimpanzés, gorilles, orang-outan, bonobo et 9 espèces de gibbons), et l’on traite différemment un labrador d’un rat. L’autrice se demande s’il est plus grave moralement de maltraiter un animal qui est proche de l’homme d’un animal qui en est éloigné.

S’il est prouvé que les grands singes ont conscience de la mort depuis 2014, cette preuve est-elle suffisante pour justifier l’arrêt des expérimentations ? À quels critères doit répondre une preuve pour être légitime ? Audrey Jougla cite Prendre la sensibilité au sérieux de Gary Francione : « de quel degré d’intelligence le perroquet doit-il témoigner pour que nous tirions la conclusion qu’il est pleinement qualifié pour être intégré au sein de la communauté morale ? Faut-il que le perroquet ai les capacités intellectuelles d’un enfant de huit ans ? De douze ans ? »

Ces questions, si elle ne sont pas posées par la science, le seront à mesure que les animaux acquerront des doits, à mesure que nous ne pourrons plus échapper à notre devoir moral envers les plus vulnérables : « La défense des “sans voix” revient en démocratie au droit, qui doit permettre de palier le manque d’expression et de défense des plus vulnérables, comme les enfants, les handicapés, les déficients mentaux, les personnes séniles. L’argument des cas marginaux est utilisé par Peter Singer pour dénoncer le lien entre les droits de l’animal et son absence de conscience, de raison ou d’aptitudes, en soulignant que les déficients mentaux ou les nourrissons n’en perdent pas moins leurs droits et que la société leur en concède en dehors de leurs capacités, ce qui paraîtra logique à tout un chacun. Voilà pourquoi attribuer des droits en fonction des capacités ou des degrés d’intelligence n’est pas rationnel, mais relève de la même logique le sexisme ou le racisme. »

Photo par Christopher Harris via Unsplash

Selon l’autrice, « il est impossible de justifier moralement [l’expérimentation animale] : pourquoi ce qui serait intolérable pour l’espèce humaine serait tolérable pour d’autres espèces ? ». Les tortures infligées aux animaux — l’autrice rappelle quand les animaliers utilisent l’expression « mettre l’animal au travail » sa racine latine tripalium — le sont sans tenir compte de leur souffrance, banalisée. Or ne devrait-on pas appliquer un principe de précaution, c’est-à-dire « s’abstenir d’expérimenter sur un animal tant qu’il n’y a pas la certitude qu’il ne souffre pas physiquement ou psychiquement » ?

De même « tant qu’il n’est pas prouvé que les animaux n’ont pas les mêmes besoins que nous en termes d’espace, de lumière, de sociabilité et de liberté de mouvement, pourquoi ne pas supposer que la transposition est possible ? ». A. Jougla poursuit : « Pourquoi ne pas partir du principe que les cochons apprécient autant la paille, la lumière du soleil et la présence de leurs congénères que nous aimons un lit confortable, la lumière du soleil et la présence de nos congénères ? Serait-ce si incongru ? Sommes-nous différents à ce point que l’on puisse supposer que vivre dans le bruit des cris la lumière des néons n’est pas un problème ? » L’accusation d’anthropomorphisme « à la Disney » dont on blâme les défenseurs des animaux ne masque-t-elle pas la peur d’une réalité scientifique possible, simplement méconnue ?

À propos du cadre légal, l’autrice explique que la législation traite les conséquences du problème, par exemple la mise en place de la recommandation des 3R : Réduire (le recours à l’utilisation des animaux), Remplacer (par des méthodes alternatives), Raffiner (les méthodes en place). Ce faisant, la législation reconnaît des débordements, un recours trop systématique aux animaux et l’existence de méthodes subsitutives. L’autrice en profite pour mentionner les abolitionnistes de la protection animale, opposés aux welfaristes. Si ces derniers sont pour l’amélioration des conditions de détention des animaux par exemple, pour avoir un impact par incréments sur des millions d’animaux, une militante abolitionniste note que « quand on améliore les conditions de ce qui est inacceptable, on vient juste de faire le premier pas vers l’acceptation ». Une réflexion pas dénuée de sens, bien que le welfarisme a aussi ses arguments.

Allergique aux réflexions binaires qui opposent d’un côté les idéalistes et d’un autre des animaliers au service de la science, elle cite un échange au cours duquel un scientifique, qui brandit les 3R comme défense ultime, explique avoir reçu des souris à 16 000 € l’unité (de l’Institut Clinique de la Souris de Strasbourg, qui plus est). Et de déclarer « Vous croyez qu’on va s’amuser à taper dessus à ce prix-là ? Non mais, vraiment… ». Cette phrase souligne pourtant dans un même temps que l’animal de laboratoire est un « être à part » qui « naît instrument, parfois conçu pour naître malade ou vivre malade. » « Nous créons des êtres souffrants ou destinés toute leur vie à l’être » rappelle Jougla. Est-ce le type de société, ces valeurs que nous voulons transmettre ? interroge l’autrice.  Ce que nous apprend cette ouvrage, c’est que l’expérimentation animale « n’est pas une épreuve scientifique : c’est une épreuve morale ». Et les épreuves sont faites pour être surmontées.

Quelques chiffres donnés par l’autrice, éventuellement complétés :

  • En Europe chaque année, ce sont 12 millions d’animaux qui sont sacrifiés (terme employé par les chercheurs) pour les laboratoires. Dont 350 000 poissons, 71 000 oiseaux, 9 500 primates, 21 000 chiens, 4 000 chats, 7 200 000 souris, 2 160 000 de rats, des millions d’autres rongeurs (lapins, hamsters, cobayes)
  • La « recherche fondamentale » ainsi qu’on l’appelle, destinée à la progression du socle de connaissances théoriques représente 46,1% des expériences. Comme le fait remarquer l’autrice, « depuis le temps, on doit être sacrément au point sur la physiologie des rongeurs ». Il est également intéressant de noter que l’on n’a pas découvert de nouvelles molécules depuis 20 ans.
  • 47% des animaux utilisés le sont « pour satisfaire simultanément les exigences de plusieurs actes législatives émanant de l’UE, du Conseil de l’Europe, de législations nationales et de législations hors UE. » Le respect des seules législations européennes sont à l’origine d’essais mobilisant 35,9% des animaux utilisés en laboratoire.
  • Les expériences de toxicologie « et autres évaluations de sécurité » représentent 8,75% du nombre total des expériences menées dans l’UE et utilisent chaque année selon la Commission Européenne 1 004 973 animaux. Ce protocole vise à tester les polluants environnementaux et les pesticides sur les animaux.
  • Selon le même rapport, les essais en vue de la production de médicaments à destination humaine et vétérinaire ne représentent que 13,9% du nombre total des animaux de laboratoire, soit un septième du total des recherches effectuées.
  • 99,6% des médicaments destinés à traiter la maladie d’Alzheimer testés au préalable sur l’animal échouent sur l’homme selon une étude sur les essais cliniques (n= 413).

Quelques expériences menées en laboratoire répertoriées dans l’ouvrage d’A. Jougla, liste complétée grâce à Doctors Against Animal Experiments. En premier, les protocoles les plus courants :

  • Le « Test de Draize » : datant de 1944, il consiste à apposer un produit sur les yeux d’un animal en cage de contention (un lapin, le plus souvent) afin d’estimer la nocivité d’un produit. Cela va du pesticide pour agriculteurs au parfum de grandes marques en passant par le shampooing pour qu’il “ne pique pas les yeux” (suivez mon regard)
  • Le test LD 50 : pour Dose Létale 50, test qui consiste à chercher à quelle dose un produit devient suffisamment nocif pour tuer 50% d’un groupe d’animaux étudiés. Que ce soit par inhalation, par intraveineuse, oralement ou par dépôt sur l’épiderme, il intervient pour tester la toxicité des produits ménagers, des médicaments ou des pesticides sur des rats, souris, lapins ou cobayes. Entre 60 et 200 animaux peuvent être utilisés, alors que plusieurs organismes (EPA, CPSC, PHRMA) considère que 6 à 10 animaux suffisent pour tirer des conclusions satisfaisantes. Rappelons que déterminer quelle dose est létale pour un rat n’est pas déterminer quelle dose est létale pour un humain, rendant le LD50 inutile.
  • Isolation des animaux pour étudier les conséquences de la dépression, de l’agressivité, de l’anxiété; stress, bruits, chocs, traumatismes sont provoqués afin de simuler « le stress de la vie quotidienne » et d’étudier les antidépresseurs et anxiolytiques
  • Étude d’Alzheimer sur des animaux génétiquement modifiés
  • Inoculation du MPTP chez les singes, neurotoxine détruisant les cellules du cerveau permettant d’étudier des symptômes proches de la maladie de Parkinson
  • Recourt au génie génétique ou à des injections de cellules cancéreuses pour provoquer un cancer chez des souris. Notamment OncoMouse pour le cancer du sein
  • Introduction d’un fil dans l’artère cérébrale des souris afin de provoquer une attaque cérébrale
  • Injection d’une toxine qui détruit les cellules pancréatiques productrices d’insuline chez le rat pour étudier le diabète
  • Étude de l’efficacité de la crème solaire par application de produit sur la peau puis exposition à une lampe UV. Certains rats meurent brûlés
  • Compression de l’artère coronaire pour simuler un infarctus chez le chien
  • L’expérience de John B. Watson (privation sensorielle des rats par l’ablation des yeux, du bulbe olfactif et des vibrisses) qui date de 1907 et a pour but de tester la mémoire des rats en l’affamant puis en le plaçant dans un labyrinthe avec de la nourriture représente la culmination de la science sans conscience et de la bêtise humaine
  • Expériences de nages forcées, infligées aux rats et aux souris, qui les contraignent à nager jusqu’à épuisement
  • Brûlures de l’œsophage au Destop®, protocole testé sur des porcs, des chiens et des moutons
  • Un chenil pour l’AFM-Téléthon fait naître des golden retrievers et des labradors avec la myopathie pour étudier la dégénérescence musculaire. Les chiens ne peuvent se déplacer seuls ni manger normalement.

Les méthodes alternatives exposées par l’autrice et que promeut Francopa, plateforme française pour le développement de méthodes alternatives en expérimentation animale :

  • Les méthodes ex vivo qui utilisent des tissus humains provenant de déchets chirurgicaux et des tissus d’animaux qui proviennent d’abattoirs ou de banques de tissus.
  • Les méthodes in vitro permettent l’utilisation de modèles cellulaires représentatifs des tissus et tissus reconstitués. L’autrice évoque le Cytocensor microphysiometer qui représente un alternative au test de Draize.
  • Les méthodes in silico enfin sont des modèles biomathématiques qui se reposent sur des bases de données de résultats expérimentaux (PBPK ou QSAR) qui permettent respectivement de « décrire l’absorption, le métabolisme et l’élimination de substances chimiques » et de « prédire le potentiel toxique dans le développement de nouvelles molécules »

Elle évoque également les bio-puces (organs-on-chips), les organes artificiels, les modèles 3D in vitro, « la chimie analytique, les cellules souches, les cultures organotypiques ». On peut rajouter la DPRA pour « Direct Peptide Reactivity Assay », méthode qui consiste à recréer de l’épiderme humain pour réaliser les tests.

On peut remplacer le LD50 par la méthode par classe de toxicité aiguë (Acute Toxic Class), la méthode de l’ajustement des doses (Up-and-Down procedure) ou la méthode de la dose prédéterminée (Fixed-dose procedure), toutes trois acceptées par le Conseil de l’OCDE.

Quelques associations de la protection animale mentionnées dans le livre :

  • AFMA / EFMA (Americans / Europeans For Medical Advancement)
  • Antidote Europe
  • BUAV (British Union for the Abolition of Vivisection)
  • CAAT (Center for Alternatives to Animal Testing)
  • DLRM (Doctors and Lawyers for Responsible Medicine)
  • Doctors Against Animals Experiments
  • GRAAL (Groupement de Réflexion et d’Action pour l’AnimaL)
  • Internationals Campaigns
  • Pro Anima
  • PCRM (Physicians Committee for Responsible Medicine)
  • Soko Tierschutz