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E120 : Ennemi Public N°1

/!\ Alerte Végane /!\

Vous pensiez être à l’abri d’une rechute vers un banal régime végétalien alors que vous êtes un végan convaincu ? Vous mangez autant de viande et de poisson qu’un carniste mange des mousses au chocolat à l’aquafaba ? Il va falloir repenser votre vision du monde, car une fois encore, l’industrie alimentaire vous a trompé.

Si dans les derniers mois vous avez mangé un gâteau végan avec des vermicelles arc-en-ciel, si vous avez choisi une Volvic Juicy au jus de fruits exotiques, une eau de source aromatisée fraise ou une Cristaline Tropical pour vous désaltérer, une bouteille de Mister Cocktail Sangria pour fêter votre 9ème anniversaire entouré de tous vos copains de CM1, ou si vous avez arrosé votre chou kale d’une petite vinaigrette aux échalotes allégée en matières grasses, félicitations, vous faites parti des nullos, des nazes, des types qui ne savent pas lire les étiquettes (et dieu sait qu’on passe notre vie à ça).

Le colorant (E120) issu des cochenilles est utilisé par exemple dans la fabrication des saucisses de Francfort pour leur donner une couleur rosée ainsi que dans d’autres charcuteries, certains yaourts ou sodas comme l’Orangina rouge, le Coca-Cola (j’ai vérifié), dans certaines productions de tarama, dans les boudoirs « roses » ainsi que dans certains bonbons.

Wikipedia

Ce n’est pas l’ingrédient le plus évident, mais lorsque vous lisez E120 ou carmin voire carrément cochenille sur une liste de composants, vous mangez de la matière animale. Éh oui, on arrive à être tellement dégueulasse qu’on fait bouillir des cochenilles pour en extraire de l’acide carminique afin de l’utiliser comme colorant alimentaire (mais aussi comme pigment pour la peinture). C’est d’autant plus cruel que les cochenilles « ont une teneur en acides carminique naturel extrait de 19 à 22 % ». Ça revient grosso modo à couper l’aileron d’un requin et laisser le reste du corps pour compte comme cela est pratiqué en Asie pour des soupes.

Pour la fabrication, on différencie l’extrait de cochenille du carmin : le premier est « un colorant dont la base est l’état brut séché et pulvérisé du corps des insectes » alors que le carmin est une coloration à base de corps « d’insectes en poudre bouillies dans de l’ammoniaque ou une solution de carbonate de sodium ». Miam. Les insectes ne sont cependant pas seulement tués par immersion dans l’eau chaude, parce que ce n’est pas assez cruel et qu’on est assez inventif en la matière. Les cochenilles peuvent tout aussi bien être exposées au soleil pour les sécher, à la vapeur ou tout simplement à la chaleur d’un four. « Chaque méthode produit une couleur différente, nous dit Wikipédia et, il faut environ 70 000 insectes pour produire une livre de teinture de cochenille. »

Toujours selon l’encyclopédie libre, le Pérou a produit 200 tonnes d’extrait de carmin en 2005 et les îles Canaries en ont produit 20. Je vous laisse faire les conversions et les comptes, mais disons que c’est un massacre de masse. Bien sûr, l’utilisation de la cochenille n’est pas innocente : des inquiétudes grandissantes quant à l’utilisation de colorants artificiels comme additif alimentaire ont causé un regain d’intérêt pour le carmin organique. Mais entre « inquiétude » et « preuve tangible », il y a un monde. À ce jour, si l’on utilise du carmin synthétique (E124) il est nécessaire de préciser sur l’étiquette « Peut avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention chez les enfants », bien que la réévaluation de l’additif par l’EFSA en 2009 notait qu’aucune preuve tangible ne permettait de lier colorants alimentaires et effets sur le comportement. De même, aucune preuve pouvant soutenir un lien entre colorant artificiel et intolérance alimentaire n’a été apportée.

Une seule morale : tenez-vous en aux produits présentant un label Vegan, sans quoi la prochaine fois que vous achèterez une boîte de fraises en sirop St Mamet vous retomberez au level 1 du véganisme. La lose.